La réalité est énorme (BD)
- marinemelodieauteu
- 13 mai
- 3 min de lecture
On se retrouve pour un nouvel avis BD avec La réalité est énorme, de Brigitte Lecordier et Arcady Picardi, publiée chez Dupuis.

Résumé : Salut, moi c'est Bibi ! J'ai 5 ans ! Ou 8... Je ne sais pas vraiment... Ce dont je suis sûre, c'est que ma vie, c'est un sacré bordel ! D'abord, y a la zone. Une sorte de grand terrain vague où les gens pas riches comme nous s'entassent. On s'y amusait bien, avant la construction du périphérique... Moi, le périph, je l'ai vu grandir ! Après, y a mes copains : Nénesse, le clochard fantastique, érudit et anarchisse ; Pouloute, la grand-mère que j'ai jamais eue ; M'sieur Muguet, l'aveugle au grand cœur...
Ensuite, ma famille. Mon père, il me fait rire. Il revient de la guerre, il connaît tous les discours de Napoléon et les déclame devant sa glace. Ma mère, c'est Madame Métro, tout le monde la connaît parce qu'elle est chef de station au métro Pigalle. Mamar, mon frère, complice de tous mes jeux et de toutes mes bêtises (mais j'en fais pas tant que ça). Et puis, il y a tous les autres...
À travers les souvenirs de Brigitte Lecordier, c'est la fin d'une époque qui est illustrée par Arcady Picardi. Celle d'avant le périphérique. Celle d'une France oubliée, en pleine reconstruction d'après-guerre, témoin d'une réalité un peu trop énorme pour être vraie.
L'avis de Mélodie :
Cette fois encore, je me suis contentée de la couverture et du titre de la BD, sans en lire le résumé ou même les autrices et illustratrices. Je découvre donc après l'avoir lue qu'il s'agit d'un pan de l'histoire de Brigitte Lecordier, doubleuse bien connue, notamment pour avoir été la voix de Son Goku enfant. Bon, ça ne change pas grand chose au demeurant, mais je suis contente de le savoir désormais !
On va donc suivre Bibi, 5 ans, qui grandit dans la zone, la banlieue abandonnée de Paris, pendant la construction du périphérique. Un contexte assez particulier, raconté à travers des yeux d'enfants, ce qui crée un discours parfois très perturbant. Bibi est trop jeune pour se rendre compte de ce qu'elle vit, même si elle réfléchit déjà beaucoup.
Et Bibi en vit des choses. Déjà, elle a une famille atypique, avec un père là mais absent à cause de ses traumatismes liés à la guerre, une mère en surmenage, une soeur partie de la maison pour suivre des études qui la conduiront à être professeure des écoles, une autre qui bénéficie de privilèges, car elle réussit bien à l'école, et une dernière qui n'hésite pas à jouer des poings quand son copain se fait draguer. Mais Bibi a aussi un frère, plus proche d'elle en âge, qu'elle adore, mais qui se fait entraîner malgré lui dans des combines peu recommandables.
Bibi est plutôt livrée à elle-même, ce qui fait qu'elle passe pas mal de temps avec des voisins. La vieille dame qui s'occupe beaucoup d'elle et représente une figure de grand-mère adorable, Nénesse, le sans abri qui vit dans le local poubelle et lui paraît grand... Un bon nombre de personnages qui représentent la vie dans cette cité dont personne ne se préoccupe.
Avec mon regard d'adulte, certains passages m'ont choquée, et je suis assez indécise quant à leur présentation. D'un côté, je la trouve puissante et bien pensée, d'un autre, je reste bloquée par la violence de certains propos posés là avec un naturel déconcertant. Un véritable tour de force en réalité, que j'admire, mais dont j'ai du mal à me remettre. Disons que je m'attendais à une BD légère, drôle, et que j'ai en fait lu une oeuvre d'un réalisme cru, qui porte très bien son titre.


























Commentaires